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Consommer moins et mieux

En novembre 2012, SNCF a lancé un plan de transition énergétique en cohérence avec ses engagements en matière de développement durable. L’objectif : réduire sa consommation énergétique de 20 % d’ici à 2020. « L’un des axes de ce plan porte sur le patrimoine immobilier qui s’avère un poste important puisqu’il représente environ 20 % de la consommation énergétique de SNCF », explique Vincent Delcourt, responsable du groupe Énergétique et Techniques de Maintenance à Innovation & Recherche. « Mais, pour diminuer les consommations énergétiques des gares, Technicentres et autres ateliers, encore faut-il savoir ce que l’on consomme et comment on le consomme ! Or, jusqu’à présent, nous ne pouvions nous appuyer que sur les factures qui nous offraient une vision macro à l’échelle des sites : impossible de savoir en détail quels équipements étaient les plus gourmands ! »

Versailles-Chantiers décrypté

Dans un premier temps, une première campagne de mesure à grande échelle a été menée dans la gare de Versailles-Chantiers (78) dans le cadre d’un programme d’Open Innovation réalisé en partenariat avec la chaire Éconoving de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. 100 capteurs ont été posés pour connaître le poids des différents postes de consommation. « Mais cette solution est particulièrement onéreuse et il est impensable d’envisager de la dupliquer sur tous les sites ! Alors, nous nous sommes intéressés à une solution très innovante, issue du domaine de la recherche fondamentale il y a seulement quelques années : le NIALM (Non Intrusive Appliance Load Monitoring). » Grâce au NIALM, il n’est plus nécessaire d’installer des centaines de capteurs : une « NIALM box » installée sur le tableau électrique général enregistre et « désagrège » la consommation de chaque équipement (chauffage, éclairage, climatisation, élévatique…). « Fin 2012, nous avons noué un partenariat avec Qualistéo, une start-up spécialisée dans les technologies NIALM et nous leur avons demandé de passer les consommations de Versailles-Chantiers au crible de leur outil. Résultat : les informations obtenues correspondaient aux données transmises par les capteurs classiques. » Qualistéo a ensuite affiné son analyse et proposé un plan d’économies d’énergie avec une dizaine d’actions simples à coût quasi nul qui ont été mises en place par les équipes commerciales, production et énergie de la gare en collaboration avec I&R et Qualistéo. « Les actions ont été testées au cours de deux phases successives de vérifications durant trois mois », poursuit Aymeric Jouy, chargé de mission sur le déploiement du NIALM. « Et, en septembre dernier, quand nous avons dressé le bilan de l’opération, nous avons réalisé une économie de 19,7 % par rapport à février soit 11,3 % en valeur ajustée sur l’année, car les économies dépendent notamment de la saison. »

Après la gare, le technicentre

Peu de temps après ce premier projet, le NIALM est de nouveau entré en scène, cette fois-ci au Technicentre des Joncherolles (93). « Même s’ils ne sont qu’une trentaine, les technicentres représentent un vrai gisement d’économie d’énergie car ils consomment environ 10 fois plus que les gares ! précise Vincent Delcourt. Avec ce nouveau programme, nous avons voulu tester la pertinence du NIALM sur une infrastructure beaucoup plus vaste et complexe qu’une gare. » « En novembre, quatre boîtiers NIALM se répartissant 94 points de mesure ont ainsi été mis en place, indispensables au vu de la taille du site, poursuit Aymeric Jouy. Sans le NIALM nous aurions dû implanter 1 000 points pour avoir la même finesse d’analyse ! ». Résultat ? « En trois mois, la campagne d’investigation a permis d’identifier les 50 plus gros postes de dépense », explique Cédric Rault, correspondant travaux du technicentre. Qualistéo a mis en évidence un gisement d’économies de 20 % avec 12 actions simples. « Nous avons eu la confirmation de ce que nous pressentions : c’est l’éclairage des voies et de nos ateliers qui peuvent générer des économies. Aux Joncherolles, il n’y a pas eu de surprise mais je pense que, dans d’autres technicentres, notamment ceux qui sont équipés de machines outil, ce type d’enquête pourrait permettre de déceler des gouffres énergétiques insoupçonnés ! »

Et maintenant ?

Fort de cette nouvelle démonstration réussie, le Comité de Projet Efficacité Énergétique du Bâtiment a décidé en février de continuer à miser sur le NIALM avec une exploration sur l’Établissement Industriel Voie Moulin- Neuf (60) et un déploiement opérationnel au technicentre d’Hellemmes (59), le plus grand de France. « Sur ces deux opérations, I&R interviendra uniquement en expertise : nous sommes arrivés à un niveau de maturité technologique qui justifie le transfert de compétences », conclut Vincent Delcourt.