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Faune sauvage : les zones à risque identifiée

SNCF s’organise face à la recrudescence des heurts d’animaux. Exemple sur l’axe Sud-Est européen avec l’élaboration d’une cartographie prédictive, grâce à la data.

Une matinée de novembre 2016 : un TGV Sud-Est heurte un sanglier aventuré sur les voies à quelques kilomètres du viaduc d’Avignon. La collision est violente : au total, la mésaventure coûtera 2 300 minutes à SNCF et 60 trains seront touchés. Un incident sérieux, certes, mais qui n’a rien d’exceptionnel pour une ligne qui a totalisé 58 événements du même type en 2015, avec en moyenne 590 minutes perdues à chaque fois.

Prévenir les collisions

« Ces dernières années, les collisions avec le gibier – essentiellement des chevreuils et des sangliers – sont devenues plus fréquentes, au point de devenir l’un des principaux postes d’irrégularité de la LGV, souligne Vincent Téton*, directeur Maintenance et Travaux Sud-Est. Et leur impact financier est également très important si l’on tient compte des coûts d’immobilisation, de réparation et d’indemnisation des clients. » L’an dernier, l’Infrapôle LGV Sud-Est européen s’est attaqué au problème en commençant par s’associer avec des éthologues, avec d’autres gestionnaires d’infrastructure confrontés aux animaux sauvages ainsi qu’avec des représentants du monde de la chasse et de la protection de l’environnement. En avril 2015, un marathon de l’innovation a été organisé pour imaginer des solutions susceptibles de réduire l’occurrence des accidents, dont certaines à l’instar des dispositifs de sortie de gibier, font actuellement l’objet d’expérimentations.

Un travail de modélisation

Parallèlement, un chantier a été lancé pour identifier les zones à risque. « Dans un premier temps, nous avons mis en place une base de données dédiée, explique Pauline Caprini, spécialiste en maîtrise de la végétation et de la faune à l’Infrapôle. On y recense les positions exactes des impacts ou des carcasses découvertes, les prises des trois agents SNCF, chasseurs de métier, sur l’axe TGV Sud-Est ainsi que les signalements effectués par les conducteurs. En janvier dernier, nous avons décidé d’aller plus loin, avec une cartographie prédictive des zones à risque.» Fondé sur la méthode des graphes paysagers déjà utilisée pour les trames vertes et bleues, ce travail a consisté à déterminer les zones d’habitation du gibier à partir d’une base bibliographique puis à tracer les cheminements entre ces différentes zones en fonction des éléments du paysage. « Les informations ainsi obtenues ont ensuite été pondérées avec les données de notre base d’accidents et de signalements ainsi qu’avec celles portant sur les prises de chasse communales », poursuit Quentin Avanzi, assistant maîtrise faune. Finalement, ce sont 12 % des 900 km de lignes qui composent l’axe TGV Sud-Est, qui ont été identifiés comme étant particulièrement à risque. « Nous avons d’ores et déjà transmis cette cartographie aux équipes chargées de la maintenance des clôtures ou des chantiers de végétation, poursuit Pauline Caprini. Désormais, nous allons nous concentrer sur ces 12 % pour affiner nos connaissances et mieux cibler les actions de prévention.»

* Depuis la rédaction de cet article, Vincent Téton est devenu Directeur régional TER Grand Est.

I&R : de la data à la centralisation de la démarche

Du côté d’I&R, le sujet faune sauvage a commencé par la chasse… aux données. « Vincent Téton nous a sollicités pour nourrir les réflexions des participants du marathon de l’innovation, et j’ai alors cherché à “faire parler” les informations disponibles au sein de la SNCF », explique Sonia Pelloux, chef de projet Innovation et Recherche, équipe Statistique, Économétrie et Data Mining. Un premier travail qui a permis de mesurer les limites de la data existante et qui a motivé le recrutement d’un expert, coencadré par Pauline Caprini et Sonia Pelloux. « En fin d’année, cet expert m’a transmis ses connaissances et sa méthodologie afin que notre équipe soit en mesure d’accompagner les lignes qui souhaiteraient s’inspirer de cette première initiative. Nous envisageons également de prolonger ces premiers travaux par une thèse », conclut Sonia Pelloux.